Le Village Aerien - Jules Verne - Libros -  - 9798694795470 - 28 de septiembre de 2020
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Le Village Aerien

Il était sept heures du soir. Grâce à la brièveté du crépuscule sous cette latitude du neuvième degré nord, la nuit ne tarderait pas à s'étendre. L'obscurité serait même profonde, car d'épais nuages allaient voiler le rayonnement stellaire, et le croissant de la lune venait de disparaître à l'horizon de l'ouest. Le chariot, uniquement destiné au transport des voyageurs, ne contenait ni marchandises ni provisions. Que l'on se figure une sorte de wagon disposé sur quatre roues massives, et mis en mouvement par un attelage de six boeufs. À la partie antérieure s'ouvrait une porte. Éclairé de petites fenêtres latérales, le wagon se divisait en deux chambres contiguës que séparait une cloison. Celle du fond était réservée à deux jeunes gens de vingt- cinq à vingt-six ans, l'un américain, John Cort, l'autre français, Max Huber. Celle de l'avant était occupée par un trafiquant portugais nommé Urdax, et par le foreloper nommé Khamis. Ce foreloper, - c'est-à-dire l'homme qui ouvre la marche d'une caravane, - était indigène du Cameroun et très entendu à ce difficile métier de guide à travers les brûlants espaces de l'Oubanghi. Il va de soi que la construction de ce wagon-chariot ne laissait rien à reprendre au point de vue de la solidité. Après les épreuves de cette longue et pénible expédition, sa caisse en bon état, ses roues à peine usées au cercle de la jante, ses essieux ni fendus ni faussés, on eût dit qu'il revenait d'une simple promenade de quinze à vingt lieues, alors que son parcours se chiffrait par plus de deux mille kilomètres. Trois mois auparavant, ce véhicule avait quitté Libreville, la capitale du Congo français. De là, en suivant la direction de l'est, il s'était avancé sur les plaines de l'Oubanghi plus loin que le cours du Bahar-el-Abiad, l'un des tributaires qui versent leurs eaux dans le sud du lac Tchad. C'est à l'un des principaux affluents de la rive droite du Congo ou Zaïre que cette contrée doit son nom. Elle s'étend à l'est du Cameroun allemand, dont le gouverneur est le consul général d'Allemagne de l'Afrique occidentale, et elle ne saurait être actuellement délimitée par un trait précis sur les cartes, même les plus modernes. Si ce n'est pas le désert, - un désert à végétation puissante, qui n'aurait aucun point de ressemblance avec le Sahara, - c'est du moins une immense région, sur laquelle se disséminent des villages à grande distance les uns des autres. Les peuplades y guerroient sans cesse, s'asservissent ou s'entre- tuent, et s'y nourrissent encore de chair humaine, tels les Moubouttous, entre le bassin du Nil et celui du Congo. Et, ce qui est abominable, les enfants servent d'ordinaire à l'assouvissement de ces instincts du cannibalisme. Aussi, les missionnaires se dévouent-ils pour sauver ces petites créatures, soit en les enlevant par force, soit en les rachetant, et ils les élèvent chrétiennement dans les missions établies le long du fleuve Siramba. Qu'on ne l'oublie pas, ces missions ne tarderaient pas à succomber faute de ressources, si la générosité des États européens, celle de la France en particulier, venait à s'éteindre.

Medios de comunicación Libros     Paperback Book   (Libro con tapa blanda y lomo encolado)
Publicado 28 de septiembre de 2020
ISBN13 9798694795470
Páginas 236
Dimensiones 152 × 229 × 13 mm   ·   322 g
Lengua Francés  

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